De ELSA WEISS , CYNOPOLIS :
Je suis un chien du 21ème siècle.
Je suis un Malinois.
Surdoué parmi les chiens, je brille dans toutes les disciplines et je suis toujours prêt à travailler. Aujourd’hui, on me demande de me prélasser sur le canapé toute la journée.
Je suis un Akita Inu.
Chien de chasse hors pair, mes ancêtres ont aussi été employés pour les combats de chiens. Aujourd’hui, on me demande d’être tolérant avec mes congénères, et on me reproche ma réactivité quand l’un d’eux s’approche de moi.
Je suis un Beagle.
Quand je poursuivais ma proie, je donnais de la voix pour que les chasseurs puissent me suivre. Je menais la danse. Aujourd’hui, on me met un collier électrique pour que je me taise, et on voudrait que je revienne au rappel en un claquement de doigts.
Je suis un Yorkshire Terrier.
J’étais un redoutable chasseur de rats dans les mines anglaises. Aujourd’hui, on pense que je ne suis pas capable de me servir de mes pattes et on me garde toujours dans les bras.
Je suis un Labrador Retriever.
Ma vision du bonheur, c’est un plongeon dans un étang pour ramener à mon maître le canard qu’il vient de tirer. Aujourd’hui, on a oublié que j’étais un chien de sport, je suis obèse et je dois jouer la nounou des enfants.
Je suis un Jack Russel.
Je suis capable de tenir tête à un renard plus gros que moi dans son propre terrier. Aujourd’hui, on me reproche mon fichu caractère et on voudrait faire de moi un chien de manchon.
Je suis un Husky Sibérien.
J’ai connu les grands espaces du Nord de la Russie, où je pouvais tracter des traîneaux à une vitesse impressionnante. Aujourd’hui, je n’ai pour seul horizon que les murs du jardin, et pour seule occupation les trous que je creuse dans le sol.
Je suis un Border Collie.
Je suis fait pour travailler huit heures par jour, et je suis un artiste incomparable du travail au troupeau. Aujourd’hui, on m’en veut parce que, faute de brebis, j’essaie de contrôler les vélos, les voitures, les enfants de la maison, et tout ce qui est en mouvement.
Je suis...
Je suis un chien du 21ème siècle.
Je suis beau, je suis alerte, je suis obéissant, je tiens dans un sac... mais je suis aussi un individu qui a besoin d’exprimer ses instincts, et je ne suis pas adapté à la vie sédentaire que tu souhaites me faire mener. Passer huit heures par jour seul dans le jardin, te voir un peu le soir quand tu rentres et n’avoir le droit pour toute activité qu’à une petite promenade hygiénique me rendra profondément malheureux. Je l’exprimerai en aboyant tout au long de la journée, en transformant ton jardin en champ de mines, en faisant mes besoins à l’intérieur, en étant ingérable les rares fois où je me retrouverai à l’extérieur, et, parfois, en passant mes journées affalé sur mon coussin. Tu penseras alors que je suis heureux de pouvoir profiter de tout ce confort pendant que tu pars travailler : en réalité, je serai en pleine dépression, car ce mal n’est pas l’apanage de l’humain mais aussi celui du chien du 21ème siècle.
Si je te plais, si tu rêves de moi depuis toujours, si mes beaux yeux azur ou mon look d’athlète te font envie, mais que tu ne peux pas m’offrir une vraie vie de chien, une vie qui vaut vraiment la peine d’être vécue, et si tu ne peux pas me proposer le travail que réclament mes gènes... alors renonce à moi. Si mon allure te plaît mais tu n’es pas prêt à accepter mes traits de caractère issus d’une sélection génétique rigoureuse, et que tu penses pouvoir les changer avec ta seule bonne volonté... alors renonce à moi. Je suis un chien du 21ème siècle, oui. Mais, tapi au fond de moi, sommeille encore celui qui combattait, celui qui chassait, celui qui tirait des traîneaux, celui qui guidait un troupeau. Et, tôt ou tard, il s’éveillera. Pour le meilleur ou pour le pire.
Comment prévenir et éviter les morsures de chien. Les morsures de chien : comment
les prévenir et les éviter
Faites stériliser ou castrer votre chien. Les chiens qui n'ont pas été
stérilisés ou castrés ont trois fois plus tendance à mordre par rapport à ceux
qui ont subi l'opération.
Dressez votre chien de manière à ce qu'il se sente à l'aise en présence des
gens, y compris les amis, voisins et enfants.
Ne vous prêtez jamais aux jeux d'« attaque » avec votre chien. Les clients ont
tendance à confondre le jeu à la réalité.
Si vous ne savez pas de quelle façon votre chien réagira à une nouvelle
situation, faites montre de prudence. Avant d'ouvrir la porte au facteur ou à
une autre personne, assurez-vous que votre chien est bien attaché ou qu'il se
trouve dans une autre pièce. Ne laissez pas votre chien aboyer, sauter sur la
porte, ou mordre le courrier lorsqu'il arrive dans le passe-lettres ; cela
incitera votre chien à attaquer le facteur.
Si votre chien feule, mordille ou mord - même à l'occasion - demandez conseil à
un professionnel, tel qu'un vétérinaire, un spécialiste du comportement animal,
ou un dresseur de chien expérimenté.
N'abordez jamais un chien que vous ne connaissez pas ou un chien sans son
maître, surtout si le chien est derrière une barrière, à l'intérieur d'une
voiture, ou attaché à l'aide d'une chaîne.
Ne dérangez pas un chien en train de dormir, de manger, ou de s'occuper de ses
chiots.
Ne caressez pas un chien, y compris le vôtre, sans qu'il vous ait vu ou senti en
premier.
À l'approche d'un chien qui vous est étranger, évitez de courir ou de crier.
Tenez-vous droit, les mains sur les côtés. Évitez tout contact direct avec les
yeux et ne parlez pas. Apprenez à votre enfant à faire la « statue » jusqu'à ce
que le chien soit parti. Faites cet exercice avec un chien en peluche s'il le
faut.
Si le chien vous jette à terre, recroquevilliez-vous en mettant vos mains sur
vos oreilles. Restez immobile et calme jusqu'à ce que le chien soit parti.
Apprenez aux enfants à ne pas bouger plus qu'une souche jusqu'à ce que le chien
se soit éloigné.
Si un chien vous attaque, vous serez peut-être en mesure de réduire la gravité
de vos blessures en lui faisant mordre votre veston, sac à main, bicyclette, ou
toute autre chose pouvant servir de bouclier entre vous et le chien.
Être ou ne pas être … en relation ?
( Dr Joel Dehasse, vétérinaire comportementaliste, Belgique )
Le chien est un animal social, comme l’homme, si l’on peut décrire l’homme en ces termes. De plus, autre similitude, ils forment l’un et l’autre des sociétés patriarcales, c’est à dire dirigé par une figure masculine. Pour le chien, c’est `` instinctif ``, mais pour l’homme, c’est culturel, parce que les cultures humaines ne sont pas toutes organisées suivant ce modèle macho. Le chat est moins social mais il s’adapte assez bien au milieu humain, un peu moins bien au milieu félin. Quand il forme des sociétés, ce sont des organisations matriarcales, c’est à dire centrées autour d’une figure féminine. Quelle différence ! Le sujet qui me préoccupe dans cette colonne est la complexité de ces systèmes et la réponse à donner a toutes personne qui espère, en adoptant un animal supplémentaire, de résoudre les problèmes comportementaux ou relationnels de l’animal résident. Donnons-lui donc de la compagnie … d’un autre chien par exemple. Il est résulte généralement plus de destructions. Les deux chiens s’ennuient-ils ? Ou plutôt, les deux chiens s’imitent-ils ? Le nombre des relations dans un système suit une formule assez simple et exponentielle. Dans un groupe de deux individus A et B, il y a deux relations : A>B et B>A.
Dans un groupe de trois individus A, B et C, nous comptons 6 relations : A>B, A>C, B>A, B>C, C>A, C>B.
La formule qui permet de calculer rapidement ces relations réciproques est la suivante :
X * (X-1). X c’est le nombre d’individus dans un système.
Des lors, pour un système familial avec un couple et deux enfants et un chien ( qui s’ennuie ), ajouter un chien au système fait passer le nombre de relations de 20 à 30, soit un accroissement de 50 %.
DE LA SIMPLICITÉ AU CHAOS
Plus le nombre d’individus grandit dans une famille-meute, plus les relations sont nombreuses. Un système de 10 individus présente 90 relations. Le degré d’organisation de ces systèmes est de plus en plus … rigoureux. En fait, l’organisation devient soit simple soit impossible, inexistante, entraînant le chaos. Une meute d’une dizaine de chiens se doit de respecter les règles canines à la lettre sous peine d’agression, voire de meurtre d’un congénère. Une meute de trois ou quatre individus peut se permettre des entorses à la règle.
Ajouter des individus chiens ou chats à un système en déséquilibre n’entraînera que rarement un équilibre plus stable. Bien au contraire, il peut entraîner le chaos.
UNE QUESTION DE POIDS
Pour les enfants humains, on estime que la taille adulte est le double de celle de l’âge de deux ans. Qu’en est-il pour le chien? Pour la taille, on ne sait pas, mais pour le poids on peut estimer qu’un chien de petite race obtient la moitié de son poids à 3 mois. Qu’un chien de race moyenne l »obtient à 3,5 mois et qu’un chien de grande taille y arrive à 4 mois. Et le chat ? Pour le poids adulte d’un chat, on multipliera par deux le poids qu’il a à l’âge de 3 mois
Pourquoi un chien se retourne-t-il parfois contre son maître ? Avant de condamner, il faut chercher à comprendre. Diverses situations peuvent entraîner une agression. Comme des perturbations d’ordre relationnel ou le non-respect d’une hiérarchie souhaitable pour l’animal.
Une remarque revient souvent, que faire avant, avant les destruction, avant l’agression, avant les morsures grave. Enfin avant l’euthanasie, puisque le dresseur a déclaré votre chien caractériel… Puisque le vétérinaire refuse, et comment ne pas l’approuver, d’endosser la responsabilité d’un possible accident grave, comme une morsure sur un enfant, accident dont vous seriez en partie responsable.
Dans le domaine des perturbations relationnelles entre la famille et le chien, on parle plus volontiers de répression que de prévention. Il y a au Canada un certain nombre de morsures chaque année. On pourrait en éviter un bon nombre. Par une vraie prévention. Celle qui consiste, non pas a brandir le fouet ou le bistouri, mais à expliquer comment éviter l’accident. Certes, les risques de conflit entre famille et le chien sont nombreux. Nous en évoquerons deux pour commencer, qui correspondent à des situations fréquemment rencontrées, et qui révèlent de l’absence d’une structure hiérarchique claire et compréhensible pour le chien.
UNE NÉCESSAIRE HIÉRARCHIE
Comme tous les mammifères sociaux, le chien recherche une structure de groupe et communique avec ses congénères d’une fonction de rituels, et à l’aide de signaux qui lui sont propres.
Lorsqu’un chien se trouve intégré à un groupe humain, une famille il recherche une structure de groupe compréhensible pour lui, et en particulier son insertion dans un système hiérarchique. Il est intéressant d’observer l’établissement d’une communication entre deux espèces, l’homme et le chien, avec ses échecs et ses réussites. C’est la méconnaissance des rituels canins en particulier de la hiérarchie qui est à l »origine du plus grand nombre de perturbation entre la famille et le chien.
Ces situations conflictuelles ne peuvent pas etres résolues par le dressage, qui le plus souvent ne met en jeu qu’un rapport de forces. Deux cas illustrent ce type de situation conflictuelle : la jeune fille admettant de chien dans sa chambre, et même sur le lit. Traité en égal, voire en dominant, le chien ne peut en même temps se considérer comme hiérarchiquement dominé. Il peut, d’une manière tout a fait explicable, menacé, puis si la menace échoue, agresser si l’on veut envahir l’espace ainsi conquis ou l’en chasser. Sa réaction sera normale, la cause de l’agression sera à rechercher dans le mode de vie imposé au chien, et le remède consistera à modifier ce mode de vie.
Aucun dressage ne pourra remplacer cette vue systémique ni palier l’absence de structure hiérarchique souhaitable dans les relations famille/chi